Le secteur de l’audiovisuel et de la publicité en Bourse

L’érosion des revenus tirés de la publicité en 2020 n’a pas ébranlé les groupes audiovisuels français. De plus, le secteur réagit positivement à la spéculation autour de la vente de M6 et se comporte bien en bourse. Point sur les grandes tendances.

Le secteur audiovisuel et la publicité en bourse sont un bon exemple de la façon dont la révolution numérique a affecté la vie des gens.

Le secteur audiovisuel a connu une transformation majeure depuis l’apparition des nouvelles technologies de communication. Il se caractérise aujourd’hui par un niveau de numérisation et de mondialisation sans précédent qui s’est reflété dans tous les aspects de sa production et de sa diffusion.

Les agences de publicité ont également vu beaucoup de changements en raison de l’arrivée des canaux de médias numériques. Cette stratégie marketing se caractérise désormais par un niveau de numérisation et de mondialisation sans précédent qui se reflète dans tous les aspects de sa production et de sa distribution.

Le cours de l’action TF1 se porte bien et le groupe part à l’assaut de M6

Si 2020 n’a pas été une bonne crue en bourse pour les acteurs de l’audiovisuel et de la publicité, on ne peut pas en dire autant de 2021. En effet, l’action de TF1 s’est accrue de 35 % depuis le mois de janvier alors qu’elle plongeait de 10,8 % au terme de l’année écoulée. Ce sont les rumeurs persistantes d’une cession imminente de la participation de Bertelsmann dans le groupe qui expliquent cette reprise de couleurs. Pour cause, l’actionnaire de contrôle détient 48,3 % des parts de ce mastodonte dirigé par Nicolas de Tavernost. Cette perspective s’annonce donc comme un véritable tremblement de terre et ouvre la voie à un renforcement du secteur. C’est du pain béni pour les experts qui voient là le seul moyen de contrer la concurrence exacerbée de Netflix et de ses compères.

Sur le graphique ci-dessous vous voyez le cours de l’action TF1. Sur les dix dernières années, cela n’a pas été un investissement très rentable.

Quant à la chaîne M6, son cours a encore plus pâti de la conjoncture de l’an dernier, en cédant 20,7 %. Cependant, ce fâcheux épisode semble désormais bien loin et la chaîne est activement courtisée par TF1 notamment qui entend la racheter. C’est donc l’heure des grandes manœuvres, malgré la tiédeur avec laquelle la plupart des prétendants accueillent les exigences de Bertelsmann.

Les chiffres évoqués tournent autour de 3 milliards d’euros et sont bien supérieurs à la valeur actuelle de M6 en bourse. Très largement d’ailleurs, de l’ordre de 40 %. En tout cas, même si TF1 semble malgré tout intéressé, son PDG, Gilles Pélisson dément sur tous les toits être en discussion avec M6, bien qu’étant désireux d’apporter sa pierre à la consolidation du secteur. Bien entendu, sans révisions des textes réglementaires ayant cours dans l’hexagone, les médias classiques continueront d’éprouver de sérieuses difficultés à former des grands groupes capables de rivaliser à l’international.

Vivendi compte également jouer sa partition

Vivendi se frotte les mains face à la mise en vente de M6 et n’entend surtout pas s’en laisser conter. C’est que sa trésorerie est pleine à craquer avec l’entrée record de 6 milliards d’euros à la suite de l’acquisition par le chinois Tencent, de 20 % de sa branche musicale Universal Music Group. Toutefois, Vincent Bolloré, patron de Vivendi ne semble pas obnubilé par M6 et porterait aux dernières nouvelles plutôt son choix sur les actifs de Lagardère. Commode, étant donné qu’avec 27 % du capital, il en est déjà l’actionnaire majoritaire. En bon capitaine d’industrie, il chercherait ainsi à accroître sa main mise sur Lagardère en achetant Europe 1, une radio présentement en difficulté, de même que des titres de presse prestigieux tels que Paris Match et JDD.

Alors que les spéculations vont bon train et en attendant d’en savoir davantage sur les intentions de chacun, ce sont les cours des actions qui montent. Cependant, on n’observe pour l’heure pas d’euphorie boursière. Les analystes d’UBS estiment que le ratio moyen actuel de négociation du secteur de l’audiovisuel et de la publicité est de l’ordre de 10 fois les bénéfices escomptés en 2021.

Et à l’étranger ?

Si vous vous intéressez au secteur de la publicité, mais cette fois-ci en sortant de France, il faudra se tourner vers les deux mastodontes du secteur : Google et Facebook.

Le secteur audiovisuel et la publicité boursière aux États-Unis ne sont pas très différents. Dans ces deux secteurs, on retrouve une forte présence de Google. Cela est dû au fait que Google a fait un investissement énorme dans ce secteur, et le résultat est visible dans la façon dont il contrôle tout, des réseaux de télévision aux producteurs de contenu en passant par les agences de publicité.

L’implication de Google dans les médias est une vieille histoire et elle se répand depuis des années à grande vitesse. Aujourd’hui, ils ont investi dans des projets tels que YouTube TV, Android TV, Chromecast Ultra ou Pixel Buds – pour ne citer que quelques exemples.

Cependant, c’est clairement une autre histoire.


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